Abandonnée en Guadeloupe depuis des décennies, la canne de combat revient sur l île grâce à des passionnés d arts martiaux. Une façon intéressante d allier des mouvements physiques et le maniement d un instrument oublié.
C est un patrimoine délaissé. Du temps de l esclavage, le mayolé était un sport de combat pratiqué par les esclaves lors des veillées mortuaires. Kanaël Hereson, jeune maître d armes, tente de faire revivre cette discipline en Guadeloupe en organisant un premier stage d initiation au fort Fleur d Epée. Ce passionné d arts martiaux pratique depuis 18 ans toutes sortes de sports de combat dont le Yoseikan Budo. Cette discipline allie des techniques de combat à mains nues et avec armes. Selon la philosophie de cet art, toute la puissance du corps est sollicitée afin d être transmise par mouvement d onde aux extrémités.
Enseignant plusieurs sports de combat, Kanaël découvre il y a peu le mayolé au travers d ouvrages d écrivains antillais. De retour avec ses diplômes, il se met en contact avec la Fédération française de savate et boxe en Guadeloupe pour créer son club et les futures compétitions. En septembre, il va créer la section et les compétitions suivront. Il encourage également tous les passionnés et curieux à venir le rejoindre.
Au travers de démonstrations en duel ou en groupe, il explique les origines de cette discipline méconnue. « Le soir, après le travail dans les champs, les esclaves rendaient leurs outils. Ils se sont donc confectionnés des cannes, qui servaient bien sûr tout d abord à marcher, puis ont inventé cet art martial », explique Kanaël. Cette canne de 95 cm environ (hauteur du bassin) est faite en bois d Inde. Très solide et résistante elle a une forme fine et permet d avoir un effet de fouet. Le but n est pas de casser les membres de l adversaire mais de frapper les chairs. Légère, elle permet, selon Kanaël, d obtenir des mouvements très esthétiques et de pouvoir tourner sur soi-même aisément.
Victime de son lourd passé, cette discipline a été oubliée mais a tout de même été codifiée et possède un comité au sein de la Fédération française. Grâce aux efforts de Kanaël et de ses élèves, elle devrait renaître et se faire connaître du grand public au moyen des prochaines compétitions.
Renseignements au 0690 41 88 83.
Source : France Antilles Suite et source de l'article sur www.sport-97.com | |