"Haiti ? On s en fout, c est pas chez nous !" Voici le titre, un brin provocateur, d un édito du quotidien guadeloupéen France-Antilles . Le journaliste, Martin Laventure, y décrit la relative mobilisation de ses concitoyens pour les victimes du séisme d Haiti, pays qui se trouve à une heure et demie d avion de l île française. Alors qu on comptait encore les morts dimanche soir à Haiti, "dans les rues de Petit-Bourg, le contraste était choquant, honteux", écrit Laventure. "Des centaines de carnavaliers entraînés par une musique d enfer sautaient, dansaient, chantaient..." Le même soir, à Pointe-à-Pitre, tandis que la communauté haïtienne se recueillait sur la place de la Mairie, peu de Guadeloupéens - en dehors des politiques - avaient fait le déplacement. S ils se montrent généreux (100 tonnes de dons ont à ce jour été collectés), tous les Guadeloupéens ne manifestent pas une solidarite spontanée. Comment expliquer ce manque d entrain de la part d un pays qui compte environ 10 % d Haitiens ? D après les connaisseurs, deux éléments peuvent l expliquer. Dans les années 1990, un animateur de la télé locale (Canal 10), Ibo Simon, avait lancé une campagne de xénophobie anti-haïtienne.
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