 [Courrier d une fidèle lectrice reçu dans notre boîte-aux-lettres. Digne d intérêt donc publié] En cette journée internationale de la non-violence [2 octobre, jour de la naissance de Gandhi NDF ] , je suis tentée de me demander pourquoi tant d?acrimonie et d?ostracisme dans certaines religions dites « universelles » ? Nous représentons à peine une poussière dans un univers dont nous ne connaissons pas grand-chose, comment une partie de la population peut-elle d?une part promulguer qu?ils « savent » et que les autres sont des ignares (niant par la même occasion leur dimension spirituelle et leur capacité à réfléchir propres aux êtres humains), d?autre part se permettre de les traiter de tous les noms ? Car il me semble que prétendre que certaines croyances détiennent la vérité et que d?autres ne sont qu?ignorance relève d?une méconnaissance totale et d?un mépris inadmissible. Et dire que les membres de ces « clubs » sont les premiers à se plaindre et se poser en victimes en se disant « stigmatisés et incompris »? Lorsqu?on lit les textes qui leur servent de référence spirituelle (et donc censés organiser leur vie entière), on y retrouve un florilège d?injures toutes plus originales les unes que les autres. Voici que ceux arbitrairement appelés infidèles, païens, mécréants (comme s?ils étaient inaptes à croire en quoi que ce soit) sont régulièrement qualifiés de « réprouvés », « pervers », « méchants », « injustes », « menteurs », « criminels », « idolâtres », « imposteurs », « égarés », « hypocrites » et bien d?autres adjectifs tous plus imaginatifs et innovants les uns que les autres. La gent féminine quant à elle ne serait constituée que d? « associatrices invitant au feu ». (J?aurais bien aimé savoir qui j?ai déjà invité à quoi que ce soit?) La question à 100 000 euros qui découlerait de tout ceci : qu?ont fait ces « infidèles » pour mériter tant de menaces ? Qu?ont-ils donc bien pu faire aux « élus » et autres « qui savent » pour être insultés et menacés de la sorte ? Car il faudrait rappeler que chez ces « mécréants », le mot « infidèle » n?existe pas. Ils ne se demandent pas qui a tort ou raison, ils vivent leur spiritualité point barre. « Ceux qui savent » ont tendance à oublier que les « païens » ne les ont pas attendus pour connaître la spiritualité, le mariage, les rites funéraires, l?amour et le respect d?autrui, qu?ils aient une ou plusieurs divinités. Jamais ils ne se sont mis à l?esprit de pondre des livres dans lesquels leur divinité s?en prendrait continuellement (telle une obsession) à ces « autres » qui ne partageraient pas la même foi car ils sont à mille lieues de se soucier d?eux, et donc de n?exister qu?à travers la comparaison à « l?autre ». Certains devraient en prendre de la graine. Lorsqu?on se permet de promettre le feu comme demeure, une « peine ignominieuse », un « châtiment cruel » et les souffrances les plus atroces à des gens sous prétexte qu?ils ne font pas partie du club et que l?on a une vision aussi binaire, il ne faut pas s?étonner des dérives qui peuvent en découler. Leur plus belle invention a d?ailleurs été la « guerre sainte », l?un des meilleurs oxymores au monde. Lorsque des appels au meurtre sont proférés plusieurs fois dans des livres considérés comme la base d?une religion, il ne faut pas se moquer du monde et déclamer avec des trémolos dans la voix qu?elle prône la paix, la tolérance et l?amour. Ils diront qu?ils n?ont pas à se justifier, et pour cause, comment justifier l?injustifiable ? Comment expliquer les raisons d?un tel déchaînement verbal dans des livres dits « saints »? Ils devraient pourtant le savoir : l?insulte engendre l?insulte, la violence engendre la violence, la haine engendre la haine. Le message de base aurait pu être pacifique s?il n?était pollué par des injures et des menaces de mort auxquelles il n?est même pas possible de répondre, car les livres qui les contiennent sont considérés comme intouchables et universellement acceptés. Que ces livres soient la référence pour des milliards de personnes, très bien. Mais que ces personnes assument leurs textes transpirant la condescendance et le mépris en totalité et cessent l?hypocrisie une bonne fois pour toutes. Faire systématiquement semblant de ne pas voir les mots qui blessent des êtres humains sans raison relève de la malhonnêteté intellectuelle, car les soi-disant « mécréants » ont beau être des « porcs », des « singes », des « chiens », des « impies » et des « incrédules », ils savent encore lire. Bonne journée de la non-violence à tous. Lire aussi : Un regard critique sur la violence des religions
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