L e paradoxe peut para?e d?utant. Il y a un an exactement, s'ouvrait, en Guadeloupe, avant de s'?ndre ?a Martinique et ?a Guyane, une des plus longues crises sociales qu'ait connues l'outre-mer : 44 jours de gr?, de blocage et de tensions, ponctu?en Guadeloupe par des incidents ?'origine de la mort d'un syndicaliste. Pour apaiser les esprits, Paris avait chang?e ministre, ouvert des Etats g?raux sur l'avenir de ces territoires lointains de la R?blique et d?d?'organiser des r?rendums locaux sur le renforcement de leur autonomie statutaire. C'est cette perspective que Guyanais et Martiniquais viennent d'?rter nettement. Lors des deux consultations organis? le 10 janvier, 69,8 % des premiers et 78,9 % des seconds ont r?ndu non ?ne plus grande autonomie. La crainte de se voir “largu?#8221; par la m?opole et de perdre dans une ?lution incertaine aides et soutiens nationaux et europ?s les a conduits ?r?rer le statu quo. Cette r?tion traduit une double d?ance. A l'?rd de Paris, tout d'abord. Nicolas Sarkozy a certes observ?ne grande neutralit?t il a pris acte de la “r?nse claire” des deux consultations, qui “traduit l'attachement ?n statut qui soit proche de celui des collectivit?de m?opole” . Il n'emp?e : lors de son d?acement aux Antilles, le 26 juin 2009, le pr?dent de la R?blique avait vivement encourag?es consultations, en invoquant la n?ssit?e changer de statut. A l'?rd des ?s locaux, ensuite. En Guyane comme en Martinique, les pr?dents de conseils r?onaux et les principaux ?s (de gauche) avaient appel? voter oui au changement de statut, qu'ils appelaient de leurs voeux. Ils n'ont pas ? suivis. Pour les populations, ?'?dence, de tels ajustements institutionnels ne r?ndent pas aux injustices et aux in?lit?profondes qui continuent ?iner ces territoires ultramarins - la “profitation” d?nc?par le LKP guadeloup? - et ?a crise ?nomique, sociale et identitaire qu'elles nourrissent. Au bout du compte, ces r?rendums risquent donc d'accro?e confusion et frustrations. La pr?pitation avec laquelle ces consultations ont ? organis?, deux mois avant les ?ctions r?onales, leur a donn?es allures de manoeuvre politique. D?lors que l'UMP pr?nisait le maintien du statu quo institutionnel, la victoire du “non” dans ces deux r?rendums risque de d?abiliser les ?s locaux. L'outre-mer est en droit d'attendre des r?nses moins politiciennes ?es probl?s.
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