La ville de Paris a lancé le 03 Novembre sa première campagne de sensibilisation sur le caractère nocif des crèmes blanchissantes, sous le slogan? « Séduire, oui? Se détruire, non. ». Dans les quartier du nord-est parisien des affiches fleurissent déjà ci et là. Environ 20 % des femmes noires (la plupart africaines) mais aussi indiennes, mahghrébines, asiatiques, de la capitale, seraient des adeptes de ces produits éclaircissants à base d?hydroquinone et de dermocorticoïde, aux effets dévastateurs pouvant provoquer brûlures graves, tâches, mais aussi diabète ou cancer. Certains produits illégaux qui contiennent du mercure se vendent même au marché ?noir ! Les organisations mondiales de la santé suivent ce phénomène depuis de nombreuses années : les risques ne sont pas inconnus des femmes africaines qui restent prêtes à tout pour s?éclaircir le teint. Afin d?arriver à faire un bon mariage avec un mari fortuné, il vaut mieux correspondre au standard de beauté de la communauté : le teint « banane » est par conséquent l?ascenseur social le plus efficace. On peut donc douter de l?efficacité de cette campagne de sensibilisation « à la française » (on explique sur un ton moralisateur l?aspect médical du problème). N?aurait-il pas mieux valu présenter différemment des arguments plus parlant pour la population concernée, quitte à tomber dans la provocation «à l?anglaise » (images chocs) et faire prendre conscience de manière concrète, d?autres risques induits (par exemple de l?impossibilité de s?occuper des enfants,?) Chacun sait que le Prince Charmant, c?est Blanche Neige qu?il embrasse et non la vilaine sorcière brune (il faut dire aussi que son appendice nasal n?est pas des plus attirant) mais tout de même, aller courir le risque de se détruire la santé juste pour blanchir sa peau?! Ils sont fous ces africains? Pourtant, les exemples dans le monde sont légions. En Inde, les stars de Bollywood appartiennent en grande majorité à la communauté indo-européenne (la plus claire), les dravidiennes, plus foncées, restant au second plan. Cette tendance est cependant moins marquée chez les stars masculines. Au Japon, les femmes les plus prisées sont celles qui arborent une chevelure « café au lait » (il s?agit d?une traduction littérale, le terme correspondant en réalité à une couleur caramel clair), de préférence striée de mèches blondes. Au Bangladesh, on dit « j?ai embauché un noir » pour expliquer, non sans une connotation péjorative qu?on vient de prendre à son service quelqu?un de la campagne, dont la peau est forcément tannée. Le Brésil et l?Amérique du Sud en général sont encore soumis à une hiérarchisation raciale très affirmée. En Guadeloupe et en Martinique, la chabine, reste la panacée, en particulier si elle est a des « zié klè ». Il faut dire qu?ici point n?est besoin de crème éclaircissante. Pour gravir l?échelle sociale, certains possèdent cette bonne vieille recette de grand-mère, 100% biologique : la «po chapé». Nathalie Laul Partager sur Facebook Suite et source de l'article sur www.fwiyapin.fr | |