 La presse va mal, le phénomène est mondial. Nous l'avons déjà évoqué par le passé, à un moment où nous mêmes au Fwiyapin, nous avions les yeux plus gros que le ventre . Afin de vous éviter une crise de rire qui pendant votre travail mortifère ne manquerait pas de vous attirer des ennuis vis-à-vis de vos collègues et supérieurs, on ne parlera pas ici des projets pharaoniques façon Vigie-gate envisagés pour développer le site internet dont la modeste ambition fut un temps de sustenter les esprits affamés. En liquidation judiciaire, l'expérience Bakchich a définitivement sombré. Fin du journal en version papier et arrêt définitif du site web. Que sont devenus Anaëlle Verzeaux , Nicolas Beau , Jacques-Marie Bourget ? Le nom de Xavier Monnier, journaliste de qualité dont le principal défaut est d'être fan (maladif) de l'Olympique de Marseille, a été aperçu au bas d'un article des Inrocks sur les frangins orduriers Guerini pris dans le sac poubelle. Souhaitons pour l'ancien directeur de la publication de Bakchich que ce passage soit le plus éphémère possible. Mais revenons à nos kabrit, la crise de la presse est d'autant plus violente que nous lisons de moins en moins. Et paraît-il, sous les latitudes tropicales des colonies françaises, c'est pire encore… lisez à ce sujet l'article de Perspektives consacré à l'illettrisme. Pas de plaisir à lire ou à s'informer, cela signifie par voie de conséquence aucune raison de dépenser quelques précieux sous pour bouquins et journaux. Si nous n'y prenons pas garde, ces derniers passeront malheureusement pour des produits de luxe. Signalons quand même qu'on trouve, en Guadeloupe, des organes de presse endogènes en quantité non négligeable : Le Progrès social, Les Nouvelles étincelles, Le Motphrasé, Nouvelles Semaines , Antilla , etc. Cet inventaire n'est ni qualitatif ni exhaustif puisque nous n'avons pas mentionné un média bien connu de nos lecteurs dont nous avons régulièrement publié des articles : le Mika déchaîné. Après de longs mois d'interruption, le voici à nouveau dans les kiosques. Un nouveau numéro du mensuel guadeloupéen est paru en janvier dernier. Gladys , fondatrice du Mika se retire – définitivement ? – du journal pour des raisons que nous ne commenterons pas. Le lecteur voulant plus de précisions sur ce départ peut toutefois se ruer sur l'éditorial du 29 ème numéro… Au menu, le Mika nous propose comme toujours un choix varié. En entrée, les articles en créole de Moz' sur la mortalité et la délinquance sur nos routes, le statut bousculé des fonctionnaires, un liyannaj avec le site de réflexion déjà cité Perspektive qui publie une tribune dans le mensuel. Le plat de résistance, une causerie du Mika sur l'évolution institutionnelle avec une contribution de Pierre-Yves Chicot maître de conférence en droit public à l'UAG. Pour le dessert, des articles culturels sur Dakwan, Majead et Tysmé . Come-back du journal ou canard sur le retour ? Le Mika se relève, et on espère pour un bon moment. Car c'est loin d'être gagné, la fraîche manque cruellement. Au point que le journal fait désormais appel à d'éventuels donateurs et augmente son prix de vente pour atteindre 2,50 ?. En France, des augmentations de journaux militants sans publicité ont été observées. Par exemple CQFD et La Décroissance pour ne citer qu'eux . De même, ils ne refusent pas les dons. Cet appel soudain du Mika aux âmes généreuses n'augure tout de même rien de bon. Et pourquoi pas solliciter le conseil régional aussi ? En effet, ce dernier arrose en publicité sans grand succès un de ses plus féroces détracteurs, le site internet de CCN. Plus sérieusement, nous souhaitons au Mika un retour rapide à l'équilibre financier (et sans publicité ni propagande), en espérant qu'il continue d'alimenter les débats et qu'il retrouve une irrévérence plus flamboyante. Partager sur Facebook Suite et source de l'article sur www.fwiyapin.fr | |