[Article du Mika Déchaîné n°23] Alain Reidor est un vaillant, une sorte de soldat, qui tel le phoenix sait toujours renaître de ses cendres. Homme d?affaire brillant et bâtisseur à succès aujourd?hui, Reidor est passé par toutes les phases. De la toute puissance, du temps où il était le percepteur de la ville de Baie Mahault, durant les fastes d?Edouard Chamougon. A l?opprobre des poursuites judiciaires au cours desquelles il a été condamné à rembourser sur ses propres deniers près de 178 000 euros à la ville de Baie Mahault. En passant par l?apprentissage des coulisses du monde politico-financier et de leur discrète mais lucrative exploitation, Reidor a su tisser sa toile au sein de son réseau et ressusciter d?entre les blacklistés. Et pour cause, le soldat Reidor, travaille d?abord en famille. Déjà, il oeuvre auprès de son cousin Michel Rinçon, 3 ème adjoint au maire des Abymes et Président du SICTOM (Syndicat Intercommunal de Traitement des Ordures Ménagères), qui a fait de lui son directeur. Bon, un directeur occulte, certes, sans titre, ni contrat, mais un directeur tout de même qui dirige en grand genre de directeur, au vu et au su de tous, sans que personne ne s?en offusque (du moins, publiquement). Puis de la famille, il est passé aux proches, voire aux amis des proches, c?est ainsi qu?Eric Jalton (maire des Abymes) ne s?est jamais opposé à son omniprésence au SICTOM, malgré son passé encombrant. Mais au-delà de la famille et des proches, Reidor a su ouvrir ses horizons… Et en ce moment, il flirte avec la direction de la SIG (Société Immobilière de Guadeloupe), par le biais de son Directeur Général, l?incontournable Dominique Ducourtioux et de son Directeur Général Adjoint, le jovial Loïc Petit. Et il est vrai que ce genre de flirt peut rapporter gros! Jugez en vous-même… En 2006, Reidor se lance dans un improbable projet immobilier à Tabanon, dans les « fond-bois » de Versailles à Petit-Bourg. Le terrain sur lequel il lorgne est occupé par des squatteurs et appartient à une association de copropriétaires qui ne rêve que d?une chose: se débarrasser du terrain. Il entreprend alors, de convaincre l?association de lui vendre le terrain de 3,7 hectares pour la modique somme de 70 000 euros. Il explique que la forme juridique de l?association n?autorise pas les copropriétaires pas à se partager le prix de la vente. Mais, il propose d?y remédier en leur promettant 300 000 euros supplémentaires pour eux, en échange de la réalisation des formalités de permis de construire, plan et autres… Emballés, les copropriétaires s?empressent d?accepter l?offre. Ils vendent le terrain, perçoivent leurs 70 000 euros, mais n?entendront plus parler de Reidor et des 300 000 promis… Reidor quant à lui se dépêche d?effectuer les formalités de permis de construire, en s?asseyant au passage sur ses engagements envers les copropriétaires. Et puis, comme il a de la suite dans les idées, Reidor vend assez rapidement une première parcelle du terrain nouvellement acquis de 0,7 hectares pour… 900 000 euros. Les copropriétaires sont effarés par la plus-value réalisée, et ulcérés par l?attitude de Reidor, ils décident d?entamer une action en justice pour faire annuler leur vente. Mais rien n?arrête Reidor. Accompagné de son ami architecte Chanzy Cirany (ex adjoint de Chamougon à la grande époque en même temps que Reidor et actuel conseiller municipal de Baie Mahault), il monte un projet immobilier de logements sociaux sur la parcelle restante de 3 hectares. Puis il fait jouer son réseau, et demande à ses nouveaux amis Ducourtioux et Petit de l?introduire à la SIG. Reidor présente donc son projet au Conseil d?Administration de la SIG, à savoir: 196 logements sociaux, en pleine campagne, dans une zone pavillonnaire non desservie par les transports publics, sans équipements de proximité, sans services publics, sans analyse de la capacité des réseaux (électriques, d?eaux usées, d?eau potable?), disposés à l?entrée de la route de la Traversée dans des bâtiments de 4 à 5 niveaux, et ce sans aucune étude d?impact urbain… Malgré toutes les incohérences du projet, malgré les incertitudes pesant sur le titre de propriété en raison de l?action entamée par les copropriétaires, la SIG semble prête à accepter le projet pour l?extravagante somme de 24 millions d?euros. Le Conseil d?Administration se réunit en décembre pour prendre la décision finale… Mais la SIG serait-elle tombée sur la tête ? Pourquoi veut-elle se lancer dans cette sombre affaire, alors qu?elle n?a jamais fait de rachat d?opération, encore moins dans de telles conditions, et en violant autant de ses principes? Peut-être veut-elle sauver le soldat Reidor? Peut-être que les directeurs de la SIG Ducourtioux et Petit, auraient bien voulu aider leur ami Reidor à se sortir de ce bourbier, en le débarrassant de ce terrain source de conflits à venir, tout en lui permettant de faire une très lucrative affaire? Ou peut-être est-ce pour la SIG un moyen d?un rapprochement stratégique avec la mairie de Baie Mahault (car n?oublions pas que l?associé de Reidor est au conseil municipal de la ville la plus convoitée de la Guadeloupe) ? Certes, mais au final, si la SIG sombre dans cette folie, ce sont les familles installées là, les copropriétaires spoliés, et plus largement l?ensemble des Guadeloupéens qui devront subir les conséquences de l?inconséquence de ses dirigeants. Alors espérons que la SIG ne perde pas son âme dans toutes ces histoires! Et souhaitons que ce soit la justice qui vienne sauver le soldat Reidor de lui-même! Gladys Democrite Partager sur Facebook Suite et source de l'article sur www.fwiyapin.fr | |