Cayenne. Mardi 20 décembre 2011. CCN. L Etat français, n est pas né de la dernière pluie coloniale. Il vient en effet de réussir en Guyane, un sacré bon « coup ». Dans le cadre de l Année dite des « Outre Mer » (AOM-). Cette opération politico-culturelle imaginée par les technocrates parisiens, aidés par quelques pour servir de » pare-feu » aux graves crises socio sociales du début 2009. Ainsi donc l AOM s est achevée samedi 18 décembre à Cayenne, en présence du ministre de la culture, après que plus de 250 « colonisés » venus des 3 océans, se soient réunis deux jours durant , dans le cadre d un vaste débat sur le Multilinguisme. Outre les chercheurs, linguistes, sociolo-linguistes et autre spécialiste des créoles et des langues parlées dans les colonies, le ministère de la culture initiateur de cette opération, a mis en branle toute sa machinerie administrative. Au total, ces « journées » d études ont bien eu lieu et ont surtout permis à des français colonisés d horizons culturels et géographiques divers de se retrouver dans un « cadre français » tel que défini par les organisateurs. Les expériences, Kanaks, Polynésiennes, mais aussi guyano-amérindiennes aux cotés de celles des créolophones, ont généré un véritable bouillonnement intellectuel qui devrait porter à terme quelques fruits. Mais il ne faut pas pour autant se faire d illusions, les défenseurs de la langue française restent très véyatifs. La France de Sarkozy, celle qui refuse de ratifier la charte européenne des langues régionales et minoritaires (1992) considère, que la soixantaine langues parlées dans ses provinces intérieures et ses colonies sont d après sa constitution *1 (article 75-1) des langues de France. Une fois cela posé, les débats sur la graphie du créole ou la nécessité d enseigner l Arawak ou le Pawana dés la maternelle à des enfants Amérindiens sont et demeurent des débats « franco français ». Mais sous vu un autre angle, la France et des ministres de l éducation qui interdisaient l usage du créole à l école semblent avoir ont pris un coup de vieux. <br>A la fin des travaux, Fréderic Mitterrand, est donc venu à Cayenne pour « dire » la parole de l état français. (cf. ci dessous extraits de son discours) Il a pratiquement validé bon nombre des idées émises dans les divers ateliers. La question du multilinguisme dans le « cadre » français est pourtant loin d être réglée. Il y a eu comme un frémissement. Les français viennent de se rendre compte, que plutôt que de pratiquer une glottophagie coloniale, peut être était il préférable d être à l écoute des problématiques soulevées par ces locuteurs de toutes les couleurs et d essayer d en tirer parti. Pendant tous les travaux, on a souvent entendu des fonctionnaires français affirmer, que la langue française demeurait le dénominateur commun Les colonisés, eux ne doivent pas non plus se laisser griser, il n y pas là de victoire. L architecture de ces « Etats Généraux » mais aussi leur finalité sont en dernière analyse des outils au service du développement de la langue française, même si pour cela elle doit encore se servir des « langues minoritaires » comme tremplin. C est à se demander si en fin de compte ce n est pas d avantage le français qui mérite d être sauvegardé ? On en sans doute saura d avantage en février prochain, lors de la venue du ministre francais en Guadeloupe et en Martinique. Suite et source de l'article sur www.caraibcreolenews.com | |