( De métropole, une « vieille » amie, de mon âge ( ! ) m envoie ce texte, toute fière, et triomphante d en être. Oui, nous sommes dans la « bonne » tranche, me dit-elle, nous sommes nés entre 1930 et 1960. Je partage son enthousiasme. Et pourtant, et pourtant! Gardons nous de toute illusion rétrospective. Si mes souvenirs sont bons nous avions nos sujets de mécontentement, de révolte. Avec le temps, avec le temps, oui, ?.tout ne s en va pas pour autant. Et il est même ( ou peut être ) une source d enrichissement, de force, un trésor de dons à faire à ceux qui viennent, à ces petits jeunes qui nous suivent, et qui... ressemblent tellement, si nous savons leur jeter un coup d oeil neuf, ( naïf, au vrai sens du mot ) à ceux que nous étions il y a quelque temps. Le temps peut être celui du malheur et de la dissolution. Mais il peut être aussi, le milieu de la maturation. Il nous appartient ( quelque peu, si nous le voulons, et si nous réfléchissons aux moyens de l apprivoiser ) d être davantage, et mieux, avec notre expérience. Oui d ÊTRE, plus que d avoir été . A cette condition les p tits jeunes ne nous rejetteront pas dans le sac des vieilles badernes plaintives, et moroses, mais nous accueilleront comme des partenaires, si, cependant, nous savons rester à notre place, et ne jouons pas le petit jeu ridicule du copinage. Mais nous ne devrons pas leur opposer la figure de radoteurs ressassant un passé en partie mythique, qu ils refusent parce qu il n y croient pas, non sans raison souvent. U vieux philosophe qui vient de mourir à 90 ans, Lucien Jerphagnon, et qui est demeuré « jeune » et primesautier jusqu à ses derniers jours, a publié en 2009, un charmant petit livre Laudator temporis acti ( c était mieux avant ). Ce livre avec préface, postface, et quelques commentaires, est d abord une anthologie de textes qui porte sur le sujet de notre attitude face au temps qui passe, et l illusion rétrospective qui l accompagne trop souvent. Il faudrait le lire. Lecture facile, rendue agréable, par l humour constant de l auteur qui a, non pas vaincu, c est absurde, mais apprivoisé le temps ce compagnon de toutes nos minutes, et que nous ne pourrions répudier, même si nous le voulions. En tout cas, pour revenir au texte de mon amie, je certifie que tout le texte qu elle m a envoyé, est vrai, que tout ce qu il dit ( sauf pour la neige que nous n avions pas en Guadeloupe ) est vrai. C était une belle époque tout d même, tout d même, tout d même! Ce qui ne signifie pas que ce qui a suivi est rejetable en bloc. « Ô temps! Suspend ton vol ». Ce célèbre vers du romantisme français, que l on peut à 17 ans dire, et ressasser, ( beaucoup de « vieux », comme moi, en ont fait l expérience, après Lamartine ) est peut-être bien une attitude infantile. Il faut tendre à comprendre le temps comme l allié et la condition de la création. Le Scrutateur. Deux chansons poétiques sur une appréhension d un « certain temps » / ( I ) : http://www.youtube.com/watch?v=aiXcUTTLud4 ( II ) Autre interprétation que je dédie à une autre amie, avec...toutes mes taquineries. http://www.youtube.com/watch?v=va3J6sW_FSs Sacré Philippe. Dommage quand même qu il se soit laissé vaincre par ce temps qu il n a pas su ( pu ) apprivoiser pour s en faire un allié, et une source de joie. « NÉS ENTRE LES ANNÉES 1930 et 1960 : NOUS ÉTIONS PLUS FORTS Premièrement, nous avons survécu à l accouchement par des mères qui fumaient et /ou buvaient pendant qu elles étaient enceintes. Elles prenaient des aspirines, mangeaient de la vinaigrette , des desserts , > > et n étaient pas testées pour le diabète ou le cholestérol. Après ce traumatisme, on s endormait n importe où, ou on nous couchait sur le ventre dans des lits à paillasse dans des chambres peintes au plomb. Nous n avions pas de serrures aux portes. Lorsque l on faisait de la bicyclette, on avait des casquettes, mais pas de casques de protection. Bébés et enfants, on nous emmenait dans de vieilles guimbardes sans chauffage, sans ceintures ni sièges pour bébés, ni air bag Être dans la benne arrière d une camionnette par une belle journée ensoleillée était toujours quelque chose d extraordinaire. Nous buvions l eau directement de la fontaine et depuis les Romains dans les maisons les tuyaux étaient en plomb. Nous mangions des gâteaux secs, du pain rassi, du vrai beurre, du saindoux du lard. Nous buvions du chocolat avec du vrai sucre. Et nous n étions pas obèses POURQUOI Parce que nous étions toujours en train de bouger, de jouer dehors... Nous sortions de la maison le matin pour jouer toute la journée au grand air, à condition d être revenus quand les lampadaires s allumaient. Nous prenions des heures à construire nos planches à roulettes avec lesquelles nous descendions les côtes, sans freins. Après avoir foncé dans les buissons une paire de fois, nous avons appris à gérer les problèmes. Nous > n avions pas de Playstations, Nintendos, X-box, iPod. Il n y avait pas de jeux vidéos, pas 150 canaux au câble,pas de films vidéos ou dvds, pas de son stéréo ou de cds,pas de portable, pas d ordinateur et pas d Internet . NOUS AVIONS DES AMIS et nous sortions dehors pour les retrouver ! Nous tombions des arbres, en faisant le parachute,on se coupait, se cassait des os, des dents et il n y avait pas de poursuites judiciaires pour cela. On nous offrait des fusils à plomb pour notre anniversaire,faisions des jeux avec des bâtons et des balles, des lance-pierres, des épées, des arcs et flèches, des fléchettes, nous faisions et jouions avec des radeaux de fortune sur les rivières, nous faisions des pistes de glissades sur les inondations des prairies gelées en hiver, nous allions à l école en culottes courtes par tous les temps, nous sautions et plongions des souches d arbres des rivières non fréquentées,nous bricolions avec toutes sortes d outils réputés dangereux des ateliers de nos parents, nous jouions avec des pétards à mèches, nous fumions des P4 à l unité, nous sucions toute la journée des boite de coco, aux heures les plus chaudes les lessiveuses étaient nos plus belles piscines, nous descendions à toutes allures les côtes en herbes des vergers sur des plaques de linoléum ou balatum d asphalte en guise de luge. Les soirées exceptionnelles de grandes chutes de neige, nous avions la permission de jouer à la lueur des réverbères dans les rues enneigées, glissades et traineaux en bois fabriqués le jour même avec de vieilles planchettes et des cerclages métalliques d emballages sous les patins occupaient notre temps et gelaient nos mains violettes sans gants et même si on nous disait que tout pouvait arriver, nous sommes pour la plus part toujours là. Nous roulions sur nos vélos sans frein et sans éclairage Nous marchions jusqu à la maison d un copain de classe ou de quartier et frappions à sa porte, nous entrions simplement, nous étions très bien accueillis. > > > > > > L idée que nos parents auraient un jour à nous faire sortir de prison était impensable, ils étaient AVEC la loi. L idée que nos parents puissent être contre l avis de l instituteur, du professeur, du policier, du gendarme, du Maire, du curé, qu ils puissent en venir aux mains ou aux insultes étaient inimaginable. Ces générations ont produit quelques-uns des meilleurs preneurs de risques, têtes pensantes et inventeurs de tous les temps, chefs d entreprises, souvent autodidactes au bon sens débordant. Ces 50 années ont été une explosion d innovations et nouvelles idées. Nous avions la liberté et la peur de l échec, le succès et les responsabilités qui vont avec, mais nous avons appris comment gérer tout cela. Si vous êtes un de ceux-là, si vous vous reconnaissez... FÉLICITATIONS! Peut-être que vous voulez partager ceci avec d autres qui ont eu la chance de grandir, avant que les avocats ne viennent tout règlementer, avant que les " médias " ne prennent tant de plaisir à faire trembler les chaumières de leurs scoops dramatiques, sans certitudes... juste pour le fun et le fric. Comme la vie était belle, limpide , parfois rude mais combien nous étions heureux ! « Suite et source de l'article sur www.lescrutateur.com | |