Aujourd hui, nous payons 35 ans de mensonges, par François de Closets





 


( La démocratie est peut-être, comme le disait Winston Churchill, « le pire des régimes, à l exclusion de tous les autres ».
Mais elle comporte, ceux qui réfléchissent le savent, ses failles et ses tares. L une de celles-ci est le démon de la facilité : travailler toujours moins, par exemple, en voulant gagner toujours
plus. Et les dirigeants, tombent alors, pour se faire bien voir, et se faire réélire à « bon compte », dans cet autre vice qui est la démagogie.


Les partis de gauche sont les champions en la matière, mais, reconnaissons-le, ceux de droite, poussés par l aiguillon de la nécessité
( électorale ) cèdent souvent à la flatterie, et à la surenchère. Jusqu au jour où, devant le gouffre, l on se trouve acculé à des mesures drastiques.


C est ce qu ont vu, depuis quelque temps, quelques hommes politiques, notamment à droite, et qu ils tentent de faire comprendre au
public, contredits par leurs opposants trop englués dans leurs mauvaises habitudes, leurs idéologie, et leur démagogie.


C est ce qu expose, dans l ensemble avec lucidité, François de Closets.


Les électeurs français sauront-ils, voudront-ils les entendre, par delà les chiffons dérisoires qu on agite sous leurs yeux, tel cet
anti-sarkozisme primaire et grossier, qui est le fond ( si l on peut dire ) de la propagande socialiste.


Le Scrutateur.


 


 


 


François de Closets,    le célèbre journaliste qui dénonce les abus, est furieux?« d?avoir eu raison trente ans trop tôt
» : « En 1992, j?ai commencé à


dénoncer le dérèglement des finances publiques. Aujourd?hui, nous
sommes


arrivés à l?échéance fatale », dit-il, accusant les hommes politiques de
totale


irresponsabilité. Pour lui, notre pays est en grand danger, et il s?offusque
:


« Qu?un pays comme la France, avec autant d?atouts, soit au bord de
la


faillite, ce n?est pas concevable ! »


FRANCE-SOIR La France est réellement au bord de la faillite ?


François de Closets Oui, et je suis fou de rage d?avoir eu raison dans
mes


prédictions. Je me suis toujours dit « Pourvu que j?aie tort ! » On me traitait
de


pessimiste? Mais cette fois, nous sommes bien au pied du mur.


F.-S. Que faire ?


F. C. Il faut arrêter de mentir aux Français ! Nous payons l?addition
de


trente-cinq ans de mensonges politiques et de laxisme budgétaire. Résultat
:


c?est 70 milliards d?euros qu?il faut aujourd?hui trouver pour éviter la faillite.
Et


cela, on le sait depuis 2005. On n?a rien fait. Maintenant, on y
est.


F.-S. Nos hommes politiques savaient réellement que la France
allait


dans le mur ?


F. C Evidemment ! C?était écrit dans les rapports officiels, oui, et dès
2005.


Maintenant, la France ne doit pas trouver 10 ou 20 milliards d?euros, comme
on


nous le dit, mais 70 milliards pour retrouver l?équilibre budgétaire et
combler


son déficit chronique. L?échéance fatale était prévue pour 2014. Elle est
venue


plus vite que prévu parce que la crise financière est arrivée
là-dessus.


F.-S. Comment en est-on arrivé là ?


F. C. C?est une responsabilité partagée de la droite et de la gauche. Chirac
et


Jospin ont renoncé au sauvetage de nos finances dès 1999, par pure


démagogie, alors qu?ils en avaient les moyens financiers? En 1997, avec 4
%


de croissance, avec le pétrole bradé à moins de 20 dollars et les taux
d?intérêt


les plus bas, la France avait les moyens de rembourser sa dette. Elle avait
des


rentrées fiscales providentielles, avec environ 40 milliards de
francs


d?excédents. DSK, ministre des finances de Jospin, voulait affecter
ces


excédents au remboursement de la dette, mais il n?osait pas le dire. Il avait
la


« rigueur honteuse ». Là-dessus, le président Chirac repère ça et, le 14
juillet,


patatras, il révèle aux Français qu?il y a une « cagnotte » ! Il décide alors
de


distribuer cet argent aux Français, avec la complicité de Jospin, qui
ne


demande pas mieux.


F.-S. On a donc raté le coche du désendettement ?


F. C. Exactement ! Au moment où la France pouvait enfin rembourser
ses


dettes, l?Etat a tout flambé ! Et ce n?est pas la seule occasion manquée.
Avant


cet épisode, sur les 100 milliards d?euros recueillis lors des privatisations
des


grandes entreprises, 20 milliards seulement ont été affectés au


désendettement. Le reste a servi à mettre du beurre dans les
épinards?


Même chose quand l?Etat brade son patrimoine immobilier. Pour parler clair,
les


gouvernements ont vendu les bijoux de famille pour boucler les fins de
mois.


Dette : "Aujourd?hui, nous payons


trente-cinq ans de mensonges?"


C?est le cri d?alarme de François de Closets pour qui les hommes politiques
nous


conduisent à la catastrophe, faute de courage.


François de Closets accuse les hommes politiques de totale


irresponsabilité SIPA


C est sur France Soir !


F.-S. Pourquoi, subitement, c?est la panique générale ?


F. C. Parce qu?il y a deux crises qui s?additionnent, et cela ce n?était pas
prévu.


Il y a la crise des finances publiques, dont nous venons de parler, et
maintenant


la crise financière, qui se préparait dans l?ombre, et qu?on n?avait pas
prévue.


Les responsabilités des politiques et des banquiers se sont ajoutées l?une
à


l?autre. Les uns ont nourri les autres. Depuis trente ans, les politiques ont
fait


du clientélisme, en laissant la France vivre très au-dessus de ses moyens.
Et


les banques ont tiré profit de la dette pour spéculer et aggraver les choses.
Le


laisser-aller de la finance publique et la perversion de la finance privée
nous


ont amenés là où nous en sommes. Et comme les politiques sortent
des


mêmes écoles que les banquiers, tout ce petit monde s?est très bien
entendu.


F.-S. Comment se sortir de ce bourbier ?


F. C. On a trop longtemps fait croire aux Français que le déficit assurait
la


croissance et l?emploi. En réalité, il faut savoir dire non, entre « toujours plus
»


de dépenses ou de revendications et des recettes forcément
limitées.


F.-S. Il est déjà trop tard pour agir ?


F. C. Non ! Mais il faut mobiliser tout le pays, tout de suite. Cela exigera «
du


sang, de la sueur et des larmes ». Nous sommes dans une économie de


guerre. Ce doit être l?occasion de redresser la France, comme en 1945.
Les


Français en ont assez d?être trompés. Ils veulent un langage de vérité,
même


s?il est très dur. La crise financière de cet été a obligé le gouvernement à
faire


un pas, mais un tout petit pas seulement. Les Français sont assez mûrs
pour


comprendre et accepter les choses. Ils veulent qu?on les sorte de
là.


F.-S. Les candidats à la présidentielle de 2012, vous convainquent-ils
?


F. C. Pris de court, ils promettent aujourd?hui le retour à l?équilibre, mais
c?est


un pur mensonge. Ils n?osent même pas utiliser le mot « rigueur » et
encore


moins « austérité ». Ils se moquent de nous ! Rien dans leurs programmes
ne


permet vraiment d?agir. Il faut prendre des décisions radicales, qu?il
faut


emprunter à la gauche comme à la droite : interdire les déficits, surtaxer
les


hauts revenus, beaucoup plus qu?actuellement, briser l?économie de


spéculation et encadrer strictement l?activité bancaire. Mais de l?autre
côté,


nous devons contrôler les prestations sociales et lutter contre la fraude
qui


coûte des milliards à la France, encadrer le droit de grève,
remplacer


seulement un fonctionnaire sur trois dans la fonction publique territoriale
(dans


les mairies, les embauches et les dépenses ont explosé !) et
supprimer


totalement ? et sans reculer ? les niches fiscales qui représentent des
dizaines


de milliards d?euros? Halte au clientélisme et aux bons sentiments.


F.-S. Les Français sont-ils prêts à accepter de telles mesures ?


F. C. Aujourd?hui tous les Français ont peur, tous les Français savent qu?on
est


face à l?échéance. Ils voient aussi ce qu?on fait à l?étranger. Ils voient ce
qui


arrive à l?Espagne, à l?Italie et à la Grèce. Quel Français croit encore qu?on
va


y échapper ? Certains pays, comme l?Allemagne, l?Angleterre ou le Canada,
ont


pris en temps et en heure les mesures nécessaires, et ça a payé. En
France,


on est à des années-lumière de ce qu?exige la situation. Il faut
s?attaquer


simultanément au système financier et au système étatique.


F.-S. Peut-on réellement s?attaquer aux dérives financières ?


F. C. Avec de la volonté, oui. Il faut séparer clairement la banque
commerciale


(celle des particuliers) et la banque de marché (spéculatif). Car aujourd?hui,
vos


petites économies subventionnent la banque de marché. Les Anglais sont
en


train de le faire. On peut réformer aussi le système bancaire en taxant
les


opérations financières et en cassant la spéculation. Savez-vous que la
moitié


des ordres de Bourses sont envoyés automatiquement par des ordinateurs
en


continu, au millième de seconde. C?est le Casino ! Il n?y a aucune raison
pour


que la valeur d?une entreprise change plusieurs fois au cours de la
journée.


Problème : en France, les banquiers sont tellement puissants qu?aucun
politique


n?ose les contrarier !


F.-S. En conclusion ?


F. C. Cette fois, la France est face à son échéance
fatale. Sans courage


politique, on va à la catastrophe. Ce ne sont plus des mots ni des
prévisions.


C?est vraiment la dernière échéance.


 


Par Jacques Hennen et Patrick Meney


Suite et source de l'article sur www.lescrutateur.com

 
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Article déposé le : 01/2/2012 22h29


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