 Mardi 25 janvier 2011. Promenade des Anglais, Nice. Passant là par hasard, fuyant l'air humide bien que relativement doux de la promenade, votre reporter intrépide est allé se réchauffer dans l'amphithéâtre du CUM (centre universitaire méditerranéen). A l'intérieur, le public est plus proche du troisième age que de l'adolescence. Statistiquement, les spécialistes ès-sondage, politologues et sociologues le proclament tous: plus on prend de la bouteille et plus on trouve Nico et Marine fort sympathiques. Mais sans tirer de conclusion hâtive – ne sommes nous pas dans le pays où Stephane Hessel fait un carton avec son bouquin? – je m'installe tant bien que mal dans une salle comble de personnes qui doivent rarement se sustenter au RU. Denis Tillinac, massacreur de pages blanches et polémiste odieux-visuel médiocre, est venu présenter son ami Alexandre Adler et lui poser une série de questions faussement impertinentes entrecoupées de longs monologues du directeur scientifique (sic) de la chaire de géopolitique de Paris Dauphine. A l'entrée des deux imposteurs susnommés, l'auditoire les applaudit avec entrain jusqu'à ce qu'ils prennent place face à lui. Tillinac utilise tous les superlatifs possibles pour nous faire comprendre que nous avons la chance d'écouter le meilleur expert en géopolitique que la France ait connu. Las, comme l'historien le reconnaît lui-même, il n'a rien vu venir de la chute de Ben Ali. Au moins a-t-il à cet instant un brin d'honnêteté intellectuelle… Noyées dans des références multiples et un usage habile et madré de la langue française, les pires sottises arrivent aux oreilles des spectateurs. En voici un petit verbatim non exhaustif mais véridique. Non exhaustif car son incomplétude est du à une irrésistible sieste involontaire du reporter improvisé. Il faut dire qu'au début de son intervention Adler ne détonne pas beaucoup, rappelant des faits du siècle dernier ayant pour conséquence l'émergence du monde multipolaire actuel. De quoi en faire bailler plus d'un dans cette salle à la température idéale pour une balade avec Morphée. Mais il arrive parfois que pendant le laïus du chroniqueur de France Culture, la bêtise sorte l'auditeur assoupi de sa torpeur… Passons les argumentaires sur le rapprochement souhaité de la France avec la Russie sans bien sûr en condamner le régime peu démocratique et hostile à la liberté de la presse. Zappons les propos sur la Chine, dont d'ailleurs on peut s'étonner que la discussion ne lui soit davantage consacrée. Elle n'est après tout que l'usine du monde et la deuxième puissance économique mondiale. Une fois échauffé, le néo-conservateur, comme il se nomme lui-même pour nous prouver qu'il est lucide et nous faire croire qu'il possède un sens de l'humour solide, se lâche un peu. Il a voté Sarkozy et il ne le regrette pas malgré la petite incartade de Dakar. Un vrai spécialiste en géopolitique, et non un imposteur, introduirait-il son choix politique pour nourrir son argumentaire ? Adler se veut spécialiste de tout ou presque. On a plutôt l'impression qu'il ne connaît rien à rien. D'ailleurs ça se confirme chez celui qui voit du nihilisme partout, surtout dans des contrées musulmanes. Et quand on écoute bien ses phrases sur le monde musulman, l'amalgame entre islamisme et nazisme est quasi-total. Mais en Europe, aucun péril du type montée du racisme, de la xénophobie et de la peur de l'autre ne menacerait le continent. Non bien sûr, puisque « l'islamophobie est une escroquerie « . La globalisation quant à elle serait le remède aux maux de la Terre, la panacée pour résister aux modifications environnementales: » c'est grâce à la mondialisation qu'on va combattre le réchauffement climatique « . Pour la conclusion, nous finirons également sur ses mots: « nous sommes un peuple intelligent, la connerie lasse ». Repose toi Alexandre, tu es fatigué. Partager sur Facebook Suite et source de l'article sur www.fwiyapin.fr | |